Internet rend-il bête ? Nicholas Carr

27 mai 2013Non classé

LecturesUne réflexion intéressante sur l’abondance de l’information, l’homme qui se laisse dominer par les outils qu’il crée sans recul critique. La mémoire est également évoquée : nous nous souvenons mieux comment accéder à l’information en oubliant le contenu de celle-ci. La capacité de la réflexion elle-même est affectée.
Bonne lecture !

L’homme crée des outils auxquels il s’asservit.

« Nous avons trop tendance à faire des outils technologiques les boucs émissaires des péchés de ceux qui s’en servent. Les produits de la science moderne ne sont pas en eux-mêmes bons ou mauvais ; c’est la façon dont on les utilise qui détermine leur valeur. » Sarnoff, 1955
« Mac Luhan avait compris que, chaque fois qu’apparaît un nouveau média, les gens deviennent naturellement prisonniers de l’information – du « contenu »- qu’il livre. À long terme, le contenu d’un média a moins d’importance que le média lui-même pour son influence sur notre façon de penser et d’agir. »
« Les médias ne sont pas seulement des canaux d’information. Ils fournissent le matériau de la pensée, mais ils modèlent aussi son processus. »
« Les technologies ne sont pas simplement des supports pour l’activité humaine ; ce sont aussi des forces puissantes qui agissent pour refaçonner cette activité et sa signification. » Winner, 2004
« Nous façonnons nos outils », observait en 1967 John Culkin, le jésuite spécialiste des médias, « et, ensuite c’est eux qui nous façonnent. »
« Mashall Mac Luhan a expliqué comment nos technologies nous fortifient en même temps qu’elles nous minent. Il disait que nos outils finissent par engourdir « la partie de notre corps qu’ils amplifient ».

Sur le processus de l’oubli et les souvenirs
Nous avons tendance à délaisser la mémorisation et se souvenir de l’endroit où est rangée l’information plus que son contenu en lui-même.
« L’idée que la mémoire puisse être sous-traitée aurait été impensable à aucun moment dans le passé. Pour les Grecs de l’Antiquité, la mémoire était une déesse, Mnémosyne, la mère des muses. Pour Saint Augustin, c’était une « profondeur vaste et infinie », un reflet de la puissance de Dieu dans l’homme. L’art de se rappeler est l’art de réfléchir (W.James, 1892). Non seulement la mémoire a perdu son caractère divin, mais elle est aussi en bonne voie de perdre son caractère humain. Mnémosyne est devenue une machine. »
« La Toile accentue la pression sur notre mémoire de travail, non seulement en détournant des ressources qui devraient aller à nos facultés supérieures de raisonnement, mais encore en empêchant de consolider les souvenirs à long terme et d’élaborer des schémas. La calculatrice, un outil puissant, s’est révélée être une aide à la mémoire. La Toile, elle, est une technologie de l’oubli. »
« Socrate s’est peut-être trompé sur les effets de l’écriture, mais il a eu la sagesse de nous déconseiller de prendre les trésors de la mémoire pour acquis. Sa prophétie annonçant un outil qui « implantait la tendance à l’oubli » dans l’esprit, en donnant une recette « pas pour la mémoire mais pour la réminiscence a trouvé un regain d’actualité avec l’avènement de la Toile. »
« Les connexions du cerveau ne donnent pas simplement accès à un souvenir ; à bien des égards elles constituent des souvenirs. » Ari Schulmann

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