Comment briller en société : morceaux choisis de « La troisième révolution industrielle », Jérémy Rifkin

03 février 2014Lecture

LecturesDans toutes les réunions auxquelles j’ai participé dernièrement, du transmedia aux énergies renouvelables en passant par le capital-investissement, tout le monde n’a que Jérémy Rifkin à la bouche. Mode éphémère ou auteur incontournable ?
Bref, pour décrypter le phénomène, j’ai lu l’ouvrage « La troisième révolution industrielle ».
Comme je suis sympa, je vous livre ici quelques extraits, pour que vous aussi, vous puissiez briller en société en le citant !

Le concept principal du livre, c’est que « les grandes révolutions économiques de l’histoire se produisent quand de nouvelles technologies de communication convergent avec de nouveaux systèmes d’énergie. » C’est ce qui s’est produit depuis les années 1990.

« Dans l’ère qui vient, des centaines de millions de personnes produiront leur propre énergie verte à domicile, au bureau et à l’usine et ils la partageront entre eux sur un « Internet de l’énergie », exactement comme nous créons et partageons aujourd’hui l’information en ligne. La démocratisation de l’énergie s’accompagnera d’une restructuration fondamentale des relations humaines dont l’impact se fera sentir sur la conception même des rapports économiques, du gouvernement de la société, de l’éducation des enfants et de la participation à la vie civique. »
« La troisième révolution industrielle (…) va poser les bases d’une ère coopérative émergente (…) et va créer pendant 40 ans des centaines de milliers d’entreprises nouvelles et des centaines de millions d’emplois nouveaux. »
Eh bien, ça fait du bien de lire ça, vrai ou non, ça donne un peu d’espoir par rapport aux discours des médias carrément plombants.

Première partie : la 3e révolution industrielle

Jérémy Rifkin revient sur la bulle spéculative, alimentée par « une extraordinaire vague d’achats conçue pour continuer artificiellement à faire tourner le moteur économique à plein régime, tandis que l’économie réelle périclitait. Quand notre épargne s’est asséchée, nous avons emprunté des milliers de milliards de plus, en vivant du mythe de notre prouesse économique encore sans rivale, continué à dépenser l’argent que nous n’avions pas et alimenté ainsi le processus de mondialisation. »
« Les deux cents années où l’on a brûlé du charbon, du pétrole et du gaz naturel pour propulser un mode de vie industriel ont envoyé quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre. Cette énergie dépensée – la facture entropique – empêche la chaleur du rayonnement solaire de quitter la planète et menace donc celle-ci d’un changement catastrophique de température avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour l’avenir de la vie. »
C’est ainsi qu’il cite les 5 piliers de la troisième révolution industrielle, nécessaires actuellement et adoptés, à l’automne 2010, par l’Union européenne :

  • « Le passage aux énergies renouvelables
  • La transformation du parc immobilier de tous les continents en ensemble de microcentrales énergétiques qui collectent sur site des énergies renouvelables
  • Le déploiement de la technologie de l’hydrogène et d’autres techniques dans chaque immeuble et dans l’ensemble de l‘infrastructure, pour stocker les énergies intermittentes
  • L’utilisation de la technologie d’Internet pour transformer le réseau électrique de tous les continents en inter –réseau de partage de l’énergie fonctionnant exactement comme Internet (quand des millions d’immeubles produisent localement, sur site, une petite quantité d’énergie, ils peuvent vendre leur excédent au réseau et partager de l’électricité avec leurs voisins continentaux.
  • Le changement de moyens de transport par passage aux véhicules électriques branchables ou à pile à combustible, capables d’acheter et de vendre de l’électricité sur un réseau électrique interactif continental intelligent. »

Voilà le récit de la troisième révolution industrielle nécessaire, selon l’auteur, pour arriver à enclencher ce changement digne du passage du combustible bois à la vapeur, puis du charbon à l’économie du pétrole, de l’électricité et de l’automobile. Le fil conducteur est la convergence des technologies de communication d’Internet et des énergies renouvelables.
« La troisième révolution n’est pas une panacée qui guérira instantanément la société de ses maux, ni une utopie qui nous conduira à la Terre promise. C’est un plan économique pragmatique, sans fioritures pour tenter la traversée jusqu’à une ère post carbone durable. »
« L’augmentation de la productivité a conduit à une croissance sans précédent de la population humaine et à l’urbanisation du monde. Nul ne sait vraiment, toutefois, si ce changement profond doit être célébré, déploré ou simplement enregistré. C’est que notre essor démographique et notre nouveau mode de vie urbain ont été payés au prix fort : la mort des écosystèmes de la terre. (…) Nous approchons d’un autre tournant historique : la disparition du sauvage. »
« À l’ère nouvelle, les marchés concurrentiels céderont progressivement la place aux réseaux coopératifs et le capitalisme vertical sera graduellement marginalisé par les forces neuves du capitalisme distribué. »

Deuxième partie : le pouvoir latéral

Les régimes énergétiques déterminent la nature des civilisations. Ainsi, le passage des compagnies centralisées géantes aux petits producteurs individuels, qui collectent et échangent leur propre énergie renouvelable sur leur lieu d’habitation, va singulièrement modifier la donne. Nous rentrons dans l’ère du capitalisme distribué. « L’organisation hiérarchique traditionnelle du pouvoir politique et économique cédera la place au pouvoir latéral, qui étendra sa structure nodale à travers toute la société. ( …) L’énergie coopérative libérée par la conjonction de la technologie d’Internet et des énergies renouvelables restructure fondamentalement les relations humaines : elles ne vont plus de haut en bas, mais côte à côte. »
Le pouvoir latéral s’appuie sur les nouvelles pratiques coopératives (autopartage, couchsurfing ; mais aussi Wikipedia).

Troisième partie : l’âge de la coopération

Apprendre à utiliser avec parcimonie les ressources, harmoniser nos consommations avec le recyclage de la nature et créer une conscience biosphérique dès l’école. Programme vertueux pour notre société si consommatrice !
Il est nécessaire de repenser la notion de propriété et d’aller vers un droit de propriété plus ancien dont les gens ont joui pendant des siècles : naviguer sur un fleuve , marcher sur un sentier de campagne, se réunir sur la place publique…
Ainsi, le droit d’accès à l’Internet pour partager des expériences communes avec les autres devient incontournable. On retrouve les grands credo d’Internet : donner pour recevoir. Et le changement spectaculaire qu’il induit. Auparavant, dans nos sociétés, celui qui avait l’info avait le pouvoir, il la détenait. Dorénavant, le premier qui partage l’info a le pouvoir !
« Jusqu’ici les conséquences de l’effondrement des civilisations ont été limitées dans l’espace et dans le temps et elles n’ont pas touché l’humanité dans son ensemble. Aujourd’hui, le réchauffement de la planète pourrait provoquer le coup d’envoi d’une extinction massive d’espèces animales et végétales et rendre ainsi très possible la disparition de la nôtre. C’est seulement quand nous commencerons à penser en famille étendue mondiale que nous serons capables de sauver notre communauté biosphérique et de régénérer la planète pour nos descendants. »

Finalement, je ne regrette pas d’avoir lu ces 380 pages ! C’est réjouissant en ce début de semaine pluvieuse !
Bonne lecture à vous !

6 réponses à “Comment briller en société : morceaux choisis de « La troisième révolution industrielle », Jérémy Rifkin”

  1. « Vers une civilisation de l’empathie », le précédent ouvrage de Rifkin, décortique les mécanismes sociaux qui accompagnent et rendent possible cette révolution, depuis les premières civilisations organisées, une occasion de réviser sous un angle original 5 000 ans d’histoire et de géopolitique.

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