Que fait Julie ce soir ?

16 juin 2014À la une, Rencontres

Rencontres éditoriales« Demain, Aurélie se rendra à la galerie Domi Nostræ pour le vernissage de l’exposition Le Réel et son Double à 14h. Cette semaine, Damien sera à la galerie Ceysson pour le vernissage de l’exposition de Rémy Jacquier à 18h. Françoise profitera des derniers jours de l’exposition Gravure – Leipzig à Lyon à la Mapra. »
Par ces quelques lignes, nous sommes invités à plonger dans une histoire, celle d’Adele, le réseau d’art contemporain lyonnais et de ses protagonistes.
Parti pris délibéré pour démythifier l’art contemporain, j’adore cette manière de convier aux expos ainsi que le reste de leur communication : simple, claire et ultra efficace. Ce n’était pas gagné, en fédérant les infos de 33 structures différentes.
Comment procèdent-ils ? Eh bien, Damien*, vice-président depuis 2011 m’a tout expliqué.
Entretien

*Cette interview a été réalisée lundi 19 mai et le mercredi 21 mai, Damien et Julie ont passé le flambeau de la co présidence. Néanmoins, leur action pendant deux ans a laissé une structure notamment éditoriale !

Mise en contexte : l’aventure d’Adele et la co présidence de Damien Blanchard et Julie Rodriguez-Malti, qui ont initié ce travail de structuration de contenus.

Adele : médiations culturelles et communication

Adele, réseau d'art contemporain Lyon + MétropoleAdele est le réseau d’art contemporain de Lyon Métropole et Saint-Étienne. Éclectique, il rassemble 33 structures et c’est l’un des seuls réseaux français à mélanger privés, publics, galeries, associations, fondations, musées.

Damien est entré dans le réseau Adele en 2011, en tant que membre actif. Julie était déjà secrétaire. En 2012, les deux complices ont décidé de se présenter pour gérer la co présidence. Il s’agissait de reprendre un réseau, mûr d’environ 15 ans d’existence, en conservant une continuité pour que les adhérents et fans s’y retrouvent.

Damien Blanchard, consultant ingénierie culturelle et artistiqueDamien et Julie ont décidé de s’atteler à la communication, la médiation culturelle et aux partenariats.
« L’année 1 de la co présidence était tournée sur les médiations culturelles. On a insisté sur les visites guidées en poursuivant les samedis d’Adele.
Le principe est simple : des rendez-vous sont fixés dans 3 ou 4 lieux, à partir de 14h, puis le groupe se rend d’un point A à un point B, à pied ou via des bus affrétés, pour des déplacements plus lointains. Tout est gratuit. C’est l’occasion d’aller à la rencontre des structures d’art contemporain, de ses acteurs, et de profiter des expositions en cours en rencontrant parfois des artistes.
Un temps fort en 2012 : le WE d’Adele.
Un moment fort au mois de mai durant lequel toutes les structures s’ouvrent. Plusieurs rendez-vous sont fixés, des visites guidées, etc. Mais là, nous avons manqué d’argent, la communication a péché, nous manquions de relais (affichage public, etc.). Nous ne l’avons donc pas reconduit.
L’année 2, nous nous sommes attelés à revoir toute la communication. Nous avons lancé un chantier de refonte de l’identité visuelle qui ne correspondait plus à l’identité d’Adele, telle qu’on essayait de la transmettre. Nous avons souhaité redonner une seconde jeunesse à cette vieille association.
Nous souhaitions un vrai parti- pris, une vraie patte dans cette identité, en évitant l’institutionnel ou le figé. Nous avons donc fait appel à Huz & Bosshard (Toulouse).
En plus de l’identité visuelle, nous voulions un site Internet événementiel et une newsletter. Il s’agissait ainsi de créer une plateforme d’information, depuis laquelle chacun des membres (33) pourrait inscrire ses informations. »

Après cette mise en contexte, retournons donc à notre problématique de contenu.

Harmoniser la diffusion d’information de 33 structures différentes

« Le cahier des charges était forcément énorme. Nous voulions une interface simple et sommaire mais aussi capable d’être une plateforme d’information efficace. Projet ambitieux, d’autant plus qu’une des limites d’Adele, c’est le bénévolat (pas de salariés) : personne ne peut quotidiennement travailler sur le contenu.
D’autre part, il fallait que la plateforme permette à des structures qui n’ont pas d’indépendance Internet (comme le centre d’arts plastiques de Saint Fons, l’espace d’arts plastiques de Vénissieux ou le fort du Bruissin) d’avoir une vraie visibilité.
Adele étant moyennement connu auprès des publics, notre idée, en 2 ans, c’était de diffuser cette page et de faire connaître l’association au grand public. Nous avons également souhaité mettre en place une vraie newsletter et donc un fichier qualifié.
(Auparavant, on envoyait à des membres à qui on demandait de relayer). »

Principe de la plateforme

« La plateforme a été créée suivant une logique de contenu qui s’intéresse au présent et au futur.
La vie d’Adele n’a pas de passé. Il n’y a pas d’archives.
Bien sûr, on peut retrouver, dans le back office, trace d’un événement mais pas sur le site Internet.
Chaque structure a un compte pour renseigner ses horaires et informations pratiques ainsi qu’un accès pour mettre à jour les événements proposés.
Nous avons choisi de proposer quelque chose de très bridé : type d’événement, date, nom, titre artiste, petit résumé, crédit. Pour que cela fonctionne, il faut respecter les codes que nous avons mis en place : une majuscule en début de nom, puis une minuscule, un ; entre deux artistes. Sinon, il n’est pas possible de valider l’information.
Délimiter autant l’information nous permet ensuite d’en jouer… »

Autogénération du contenu : que fait Julie ce soir ?

« Cette information est ainsi présente dans la grille de programmation de la home et séparée en plusieurs parties : demain/ cette semaine / derniers jours/ en ce moment (expos en cours dont le vernissage est déjà passé)/ à venir.

Et surplombant ce tableau, une phrase autogénérée, dont nous avons parlé en introduction, choisit des protagonistes et les met en situation : ils vont à des événements d’art contemporain.
Ce que nous souhaitions, c’était qu’Adele démythifie l’art contemporain.
Les protagonistes sont les acteurs des structures du réseau, soit potentiellement, 80 personnes mises en scène par cette phrase.
Exemple : « Aujourd’hui, Sandra ira à l’inauguration de l’exposition de XX au Mac ; Julie prendra le TER et ira à Saint-Étienne voir la performance de telle et telle personne » Quand on rafraîchit la page, de nouveaux protagonistes apparaissent.
Les informations peuvent être extraites pour d’autres usages : pour la newsletter et pour la plateforme d’information touristique de Rhône-Alpes SITRA.
La newsletter se monte très facilement. Il suffit de choisir une planification, entre deux dates.
L’extraction se fait immédiatement et la newsletter est titrée avec cette phrase qui change à chaque fois : « Que fera Sandra en janvier ? ».
Pour la newsletter, nous sommes partis d’un fichier à 0 et dénombrons aujourd’hui 4000 adhérents (en 2 ans).
Nous avons également fait un partenariat avec l’office du tourisme de Lyon, via la base SITRA. Celle-ci ne disposant d’aucune information relative à l’art contemporain, nous y avons remédié en diffusant en temps réel les informations d’Adele sur SITRA.
Notre richesse à Adele, c’est le contenu des 33 structures. Nous l’avons ainsi valorisé. »
Adele

Ce que je retiens et qui me fascine, c’est la simplicité apparente de présentation qui résulte d’un travail très poussé de structuration des contenus.
Le site et les autres supports peuvent apparaître bruts, car simplifiés à l’extrême. Mais, c’est un choix assumé, qui permet d’aller directement à l’information essentielle et donc qui sert l’utilisateur. Le travail de webmastering est très fin et très bridé.
Chacun est responsable de ses infos et ensuite, il incombe à Damien de valider des événements et de vérifier la cohérence des titres, des visuels et le respect de notre nomenclature.
Le fait de brider ces informations au départ permet de conserver ad vitam l’identité visuelle choisie. Par exemple, un travail sur la typo a été fait de manière à ce que, quelque soit la taille du nom de la structure, la largeur du tableau les recensant soit toujours la même.
Beau travail pour éviter ce qui pèche souvent en communication : des supports très structurés lors de leur création, puis détournés à l’usage.
Ce texte autogénéré nous raconte une histoire, celle des protagonistes d’un réseau d’art contemporain. Il permet au public de s’immerger totalement dans ces rendez-vous d’art contemporain.

Si cela a fait sens chez vous, rendez-vous sur Adele !

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