Les nouvelles super puissances, Daniel IchBiah

03 mars 2014Non classé

Les nouvelles super puissances se veut un état des lieux des monopoles que s’arrogent les supers nouvelles puissances que sont Facebook, Google, Microsoft et autres.
Nous voici, en peu de temps et de manière presque insidieuse, en situation de dépendance vis-à-vis d’un nombre restreint de sociétés privées.
Ce livre souhaite dénoncer quelques aberrations devant lesquelles nous nous trouvons.
Voici mes notes de lecture.

Lu sur Internet… ou le problème du monopole de Wikipedia

L’expérience tentée par Michel Serres, le philosophe, est révélatrice, concernant Wkipedia. Il  a placé  sur la plateforme une information volontairement erronée. Il a fallu 3 mois et demi pour que la vérité soit rétablie. On peut estimer que cette information s’est propagée ailleurs.

Souvent, une fausse information est reproduite, donc répétée, donnant une « impression fallacieuse de vérité. » « Répétez 10 000 fois un mensonge et il devient une vérité ».

Ainsi, Wikipedia, qui apparaît en première page de Google, est devenu un « instrument de pouvoir par le contrôle de l’information, rôle qui appartenait auparavant aux seules presses papier et télé. »

La communauté wikipédiste ne fait pas respecter ses règles de manière uniforme. Certains administrateurs et contributeurs peuvent agir en toute impunité.

Un autre problème réside dans l’anonymat.L’encyclopédie en ligne est ainsi utilisée à des fins de calomnie et de nuisance ou par exemple par des marketeurs pour du « piratage organisé d’informations »,. Ils  expurgent certains contenus (pans entiers du passé de certaines personnes) ou manipulent les données …

Le monopole de Google

La situation que Google a acquise dans le domaine de la publicité s’approche du monopole (en 2012, + de 72%). L’entreprise s’adonne à dresser un profil marketing très précis de tous les individus qui utilisent ses services.

Google a la capacité de réduire à néant n’importe quel individu, n’importe quelle société, en la faisant disparaître de ses résultats de recherche. Ainsi, en février 2006, le site de BMW disparaît de Google pendant 48 heures.

Comment Google réussit-il à échapper aux accusations de monopole ? Eh bien, la société rappelle que tous ses services sont gratuits et librement choisis. Le moteur met en avant ses produits maison Street View, YouTube, Gmail, etc.)

La négation des droits individuels

Google (et les autres) stockent un trésor d’information sur les individus. L’ensemble des requêtes est conservé pendant une durée de 12 à 18 mois. L’ampleur des informations stockées par Facebook ou Google à notre égard dépasse très largement ce qui apparaît sur leurs pages.

Le gouvernement américain est en mesure d’exiger que Google lui confie une copie de toutes les requêtes effectuées par un internaute et autres informations (mails). De cette manière, on peut connaître l’emploi du temps d’un internaute (via Google Agenda), les livres qu’il a lus, les vidéos consultées et via un téléphone Androïd les lieux où il est passé.

Par ailleurs, il n’y a aucun droit à l’oubli possible auquel n’importe quel individu devrait pouvoir prétendre, ce que l’Union européenne cherche à transformer en loi à l’échelle du continent.

Quand Google a été reconnu en 2007 numéro 1 en matière de violation de la vie privée par Privacy International, la réponse officielle a été : « nous accumulons des données personnelles, parce que si nous vous connaissons, nous vous apporterons des meilleurs résultats de recherche. Nous voulons personnaliser nos réponses, être plus proches de vos besoins. »

Et de la même manière, les messages Gmail sont scannés et le contenu analysé  afin d’y inclure des « publicités » ciblées. Cette  pratique de surveillance des données est justifiée par  le fait que ce sont des ordinateurs et non des humains qui examinent les messages.

En 2007, un des fondateurs de Google exprimait l’ambition de devenir de plus en plus fort au niveau de la personnalisation, de telle sorte que le moteur de recherches pense à la place de son utilisateur « que dois-je faire à présent ? » ou « quel job choisir ? »

Les dégâts de Google Suggest ou suggestion automatique pour compléter le début d’une requête par l’internaute. .. Par exemple, la société Direct énergie se voyait complétée de « arnaque » sur Google. L’entreprise a refusé de faire quoi que ce soit, estimant que ceci était dû au fait que de nombreux internautes avaient dû associer les deux expressions.  À noter, Google ne répond jamais à aucune sollicitation de ceux qui se sentent lésés par ses services

Les sites américains s’estiment non responsables sur le sol français.

Si quelqu’un est injustement agressé ou mis à mal sur l’un de ces réseaux, il ne peut rien  tenter pour rétablir la vérité, car les entreprises se réfèrent à la Constitution américaine. « Google France n’assume aucune responsabilité de ce qui apparaît sur son moteur de recherches géré depuis les États-Unis. »

Pour conclure, l’auteur rappelle que nous sommes surveillés par nos objets de tous les jours. Doit-on se réjouir ou non de l’Internet des objets ?

Voilà qui fait froid dans le dos même si nous en connaissions déjà une bonne partie. Cela rappelle aussi des phrases types « si tu es gratuit, c’est toi le produit ». Nous allons confier à l’avenir nos données à des tiers de confiance (Bertrand Petit) que nous payerons. Je pense aussi qu’il faut étroitement surveiller son identité numérique, tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de poster la moindre information ou réaction et enfin  ne diffuser uniquement que des contenus que nous assumons.  Bref, agir avec bon sens, que l’on soit au café de la mairie ou sur l’espace public virtuel !


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9 réponses à “Les nouvelles super puissances, Daniel IchBiah”

  1. Avec l’invasion imminente des objets connectés (dont les Google glass figurent en bonne place des outils intrusifs), la vie privée va l’être de moins en moins.

    Pourtant, il existe des outils (Tor, App Advisor, Cookieviz, PrivacyFix, navigation en privé, etc.) pour éviter que l’on en sache trop sur vous. Certes cela demande un minimum d’effort-et de changer ses habitudes, ce qui est toujours le frein important-mais on peut arriver à diminuer le flux numérique de ses infos personnelles. On peut aussi être aidé quand on ne dispose pas des compétences adéquates (forums, associations). Preuve qu’il y a une prise de conscience que certaines limites « acceptables » sont dépassées.

    Pourquoi n’y prête t’on pas plus d’importance ? Le fait que le voyeurisme et l’intrusion numérique n’arrivent pas subitement mais progressivement, petit à petit, de manière furtive et insidieuse, entraînant à chaque fois une perte diluée de la vie privée avec un sentiment d’impuissance face à la tyrannie anonyme des institutions, des « world companies ». Phénomène culturel aussi puisque l’Europe est le continent le plus sévère en matière de vie privée contrairement aux anglos-saxons. Aussi, (surtout ?), la protection numérique est un obstacle au business ; aujourd’hui les données personnelles valent beaucoup plus qu’une plantation d’hévéas en Indonésie au début du siècle ou qu’un hectare de blé ou qu’un baril de pétrole. N’oublions pas notre époque narcissique qui incite à la médiatisation pour tous, donc pourquoi s’inquiéter de la protection de nos données. La frontière de plus en plus passoire entre vie professionnelle et vie personnelle est aussi à prendre en compte. Et enfin un certain nihilisme (par exemple, « le nihilisme qui n’est pas celui du « tout est possible », ni nécessairement du « tout est permis » […] mais le nihilisme effrayant du « tout est égal »  » décrit par Alain Finkielkraut).
    Ne pas oublier que même si vous faites le nécessaire pour réduire votre exposition publique numérique, la NSA, Prism et Echelon sauront s’ils veulent vraiment savoir.
    Vinton Cerf, un des inventeurs d’internet, a d’ailleurs déclaré un jour « que sur le web la vie privé sera anormale et qu’il y aura une difficulté croissante pour y parvenir »…

    • Bonjour Didier, merci pour ce long commentaire qui est très juste. Si on ne peut savoir ce qui sera fait de nos données, essayer au maximum de maîtriser son identité numérique…

  2. […] Les nouvelles super puissances, Daniel IchBiah Notes de lecture. Les nouvelles super puissances se veut un état des lieux des monopoles que s’arrogent les supers nouvelles puissances que sont Facebook, Google, Microsoft et autres. Nous voici, en peu de temps et de manière presque insidieuse, en situation de dépendance vis-à-vis d’un nombre restreint de sociétés privées. https://www.cyclop-editorial.fr/2014/03/03/les-nouvelles-super-puissances/ […]

  3. Une importante question de société très bien traitée. Malheureusement, tant que ce milieu rapporte autant d’argent, rien ne changera et cela risque d’empirer. Ce n’est pas pessimiste mais plutôt réaliste.
    Surtout quand on voit que les individus ne peuvent vivre sans smartphone alors que cela permet de les tracer jusqu’aux toilettes… Après ils viennent se plaindre qu’on vole leurs données personnelles. Quel beau cercle vicieux ^^

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