Contenus : tendances 2016 par Pascal Beria

01 février 2016À la une, Rencontres

Rencontres éditorialesEn ce début d’année 2016, j’ai eu la chance de pouvoir assister à mon premier meet-up organisé par Lise Bisonnette Janody.
Il s’agissait d’une présentation de Pascal Beria.
Auteur, consultant et rédacteur en chef de la revue Tank, d’Editing & contents, de Good trip et d’Immerso, Pascal a écrit, en 2013, la révolution des contenus.
Sa volonté : constituer un document de référence sur le contenu utile.
Il nous présente les tendances 2016 du contenu.
Voici mon compte rendu

Les contenus : tendance pour 2016

Contrat de temps

Contenu : tendances 2016En général, le digital est produit en flux tendu et posté au fil de l’eau. La notion de contrat de temps revient en force, dans les supports et dans le branding.
Citons, par exemple, le Monday note, le 4 h, la Matinale du Monde (3 min à lire), le flashtweet tous les jours à 7h30 d’ @EmmanuelleL9.

=> Certains médias annoncent ainsi le temps de lecture: si je veux lire l’article, je sais que j’en ai pour 7 minutes.
Il est également possible d’accéder à l’info en fonction du temps dont on dispose : « posément », « rapidement ». L’info sera ainsi développée ou synthétisée.

Décloisonnement

Citons les Instant articles, c’est-à-dire des articles directement poussés sur son flux Facebook.
Certains magazines haut de gamme comme Vogue se transforment en site d’e-commerces, en proposant des liens marchands.
Les Échos illustrent totalement ce décloisonnement. Sur une page co-existent des contenus différents : des articles à lire, du brand content, de l’Adwords, etc.

Smart content

Il s’agit d’une personnalisation super pointue. Le contenu est construit en fonction d’un profilage. Si j’ai regardé deux films, on poussera des contenus du même style (comme le font Netflix, Amazon).
Ce profilage invisible (non choisi) enferme l’internaute dans un contenu censé lui convenir. Où est l’esprit critique ? La découverte au gré du hasard est également évacuée. Ce profilage contraint plus qu’il ne propose.

Contenu automatique

Prenons l’exemple des robots rédacteur du Monde pendant les élections départementales.
Les algorithmes définissent les contenus les plus commentés à un moment T. Ils produisent alors du contenu en conséquence.
Entre autres contenus automatiques, citons aussi Skype translate qui traduit en direct.

Contenu immersif

Il est caractérisé par l’arrivée de la vidéo 360° sur Facebook, par exemple. Voire le journalisme interactif : s’immerger pour mieux comprendre tenants et aboutissants des protagonistes
Citons le « homeless content » pour théoriser la fin des home pages.
A new starting point : c’est Facebook, Twitter etc. qui amènent aux contenus, non plus la page d’accueil comme auparavant.
Les contenus se baladent et n’appartiennent plus aux médias en tant que support. Par exemple, Snapchat héberge dans son application des contenus produits par d’autres médias (CNN, etc.).
Le contenu est produit par un tiers, sur une page de contenus mixtes.

Du commentaire à la contribution

En 2015, nombre de médias ferment leurs commentaires. En effet, 95% de commentaires amènent du troll, de l’insulte : ceci exige une énergie considérable en termes de modération.
Une association entre New York Times Washington Post et Mozilla permet de qualifier les contributeurs pour en faire une communauté de commentateurs validés. Les commentaires sont ainsi requalifiés.
La conversation est également remise en cause : tout le monde n’est pas capable ni d’écrire ni de critiquer des papiers.

Ad blockers : de la pub intrusive à la pub acceptable

Le modèle de la pub est remis en cause : en effet, 30% des internautes ont installé un Adblocker pour bloquer les pubs. Toutefois, certaines pubs seront notées et profilées comme étant intéressantes, dotées de contenu. C’est une brèche des Ad Bloquers, qu’on soupçonne d’un flou artistique dans leurs critères de sélections.
En clair, la pub doit renouveler son modèle économique et son écriture : contraindre l‘internaute à voir une pub avant une vidéo est une technique d’engagement avec la marque, somme toute, très mauvaise .

Leviers de la contribution = comment engager des gens (dont la pub pourrait s’inspirer)

  • Gratification = faire gagner quelque chose
  • Valorisation = être reconnu
  • Gamification = donner un but, mettre en péril
  • Influencer = changer le cours des choses
  • Communauté = contribuer à un projet commun (wikipédia)
  • Solidarité = venir en aide à sa communauté

En résumé, aujourd’hui, il y a de gros besoins en stratégies de marque, avec un fort besoin de positionnement. Ainsi, les contenus sont réfléchis, au moment où la marque est créée.
Comment prendre la parole pour engager ou réengager la conversation ? Pensons à des secteurs comme les banques ou les assurances.
Dorénavant, la direction générale s’intéresse aux contenus, qui sont maintenant liés à la stratégie.

Bonne nouvelle que je retiens : le champ des possibles est ouvert et il ne tient qu’à nous, acteurs du métier, de nous en emparer. Tout est à construire. Et la reconnaissance des contenus commence à se ressentir.

Contenu et content strategy

Une photo de cette chouette soirée avec de gauche à droite Eve Demange, moi-même, Carine Gouriadec et Lise Bissonnette Janody

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