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Facilitation graphique et rédaction web : quelles complémentarités ?

04 février 2019À la une, Rédaction Web

L’image est omniprésente. Les chiffres sont éloquents : la vidéo et les contenus visuels sont les plus consultés. Quel parti en tirer pour la rédaction web ? Une piste à suivre est la création d’un contenu à décliner sous plusieurs formes, en cross media. J’ai rencontré Marjolaine Gaudard qui combine facilitation graphique et écriture. Découvrez cette manière de traiter l’information et les apports pour la rédaction web.

Ferréole
Hello Marjolaine, je suis interpellée par la facilitation graphique qui simplifie le discours et allège la charge mentale, me semble-t-il. J’ai l’impression que tu l’utilises très régulièrement, à la manière dont j’utilise le mind map.

Peux-tu nous expliquer la facilitation graphique ?

facilitation graphique et rédaction web, portrait MarjolaineMarjolaine

La facilitation graphique permet de modéliser des idées, des concepts, des argumentaires, des discours pour les traduire sous une forme visuelle : dessins + mots clés.
Les idées sont ainsi transmises sous un double mode ; verbal et visuel.
Il est très facile de se projeter en raison du caractère universel du dessin.
Il existe différentes pratiques issues de la facilitation graphique, celles que je pratique sont :

  • le scribing qui permet de réaliser une synthèse visuelle d’un discours ou d’une réunion en « live » et sur un grand format
  • le sketchnoting qui est une prise de notes visuelles sur un petit format
  • la facilitation visuelle qui vise à favoriser l’intelligence collective en ajoutant une dimension visuelle à une réflexion de groupe.
    Par exemple, en animation :

    • en réunion, pour accompagner le cheminement du groupe, à l’instar de la cartographie en mind map
    • en worskshop, pour conserver l’attention et animer
    • en formation, en résumé pour faciliter l’ancrage mémoriel

Les avantages :

  • faciliter la compréhension de concepts complexes
  • favoriser la mémorisation et l’appropriation
  • véhiculer les idées de manière différente, prendre de la hauteur et résumer un propos
  • favoriser la collaboration et l’intelligence collective
  • ajouter du plaisir et du « fun »
  • capter l’attention et augmenter la concentration

L’humain est un animal visuel, il a besoin de voir.
La facilitation graphique communique sur l’émotionnel.
Elle renvoie à quelque chose d’organique avec son côté fait à la main qu’il s’agisse de l’écriture ou des croquis.
Ce côté imparfait, car fait manuellement, fait partie de la démarche : il capte l’attention et provoque des émotions.

Peux -tu nous expliquer les notions de vocabulaire visuel et de grammaire de base ?

Marjolaine
Oui absolument !
Lorsque j’ai été formée à cette pratique par Catherine Tanitte mon mentor dans ce domaine, voici comment on me l’a présentée : la facilitation graphique est une nouvelle langue.
Pour la maîtriser, vous devez connaître votre grammaire de base.
Pour progresser, vous devez développer votre vocabulaire visuel.

La grammaire de base est composée de :

  • les formes géométriques de base (et surtout comprendre qu’on peut tout… mais alors absolument tout dessiner à partir d’un rond, d’un carré et d’un triangle)
  • le lettrage : écrire lisiblement, travailler ses typographies
  • les personnages, les expressions de visage
  • les puces, les connecteurs (type flèches) et les séparateurs (types lignes) pour structurer l’information et guider le regard
  • les cadres pour poser des titres

Durant ma formation, j’ai aussi appris à utiliser les couleurs avec parcimonie 😉 c’était un peu la fête à neuneu au départ car j’adore les couleurs et également les ombres qui apportent du relief.

Le vocabulaire visuel

Ce sont les représentations graphiques de concepts.
Petit à petit, comme pour n’importe quelle langue, on sait dire (en l’occurrence dessiner) de plus en plus de mots et de concepts de plus en plus précis et complexes.

Faut-il être bon en dessin ?

La facilitation graphique demande des qualités d’écoute sur le moment présent, un esprit de synthèse ainsi qu’une capacité à lier et hybrider les idées. Suffit la croyance limitante « je suis nul en dessin, cette forme d’expression n’est pas pour moi’.

Il ne s’agit pas de faire de l’illustration, mais de traduire les idées graphiquement :

  • sous la forme de pictos – un soleil-
  • d’idéogrammes,– le dessin du soleil avec le mot puissance écrit -. L’idéogramme fait appel à de la combinaison d’idées, à un concept. Il est relativement universel
  • et de symboles. Attention, ils ne sont pas universels et peuvent avoir des acceptions différentes en fonction des cultures.

Les apports pour la rédaction web

Ferréole

Comme je le disais en introduction, il semble pertinent pour les rédacteurs de contenu d’anticiper la combinaison du texte vers d’autres formes – un sujet traité en cross-media, de combiner une expression verbale et visuelle.
Imaginons par exemple un texte qui sera également décliné en podcast (sur ce sujet, je vous invite à aller lire l’article de Muriel VDM de We Are The Words Le podcast, un media qui murmure à vos oreilles) et résumé en synthèse visuelle.
Ceci permet de toucher différemment le lecteur, auditeur avec des formats différents correspondant à des temps et des usages différents.

Marjolaine :

Effectivement, illustrer un article en synthèse visuelle apporte une illustration originale et à valeur ajoutée, a contrario des images de bases de données.
La synthèse visuelle est l’occasion de créer des contenus à fort impact et partageables plus facilement.
Elle peut être autoporteuse, c’est-à-dire se suffire à elle-même.
La synthèse est idéale lorsque le temps de lecture est restreint.
Mais, elle résume. Elle fonctionne ainsi en complément d’un article ou d’un livre blanc pour aborder le sujet en profondeur.
Enfin, elle permet de toucher le lecteur sur un mode plus émotionnel que ne le fait un texte ainsi que de combiner les modes verbal, visuel et auditif (dans le cas d’un podcast), de quoi toucher avec pertinence encore plus de typologies d’audience.

Un peu d’histoire

La facilitation graphique a été inventée dans les années 1970 par David Sibbet. Il s’est rendu compte qu’il était possible de réfléchir en dessinant.
Les neurosciences le prouvent : observer quelqu’un dessiner, active la zone du cerveau dédiée au dessin de celui qui le regarde.
La facilitation graphique fait appel à la fois au rationnel, à la structure et à la fois à la créativité et aux émotions.
Ainsi, des idées différentes émergent, la mémorisation est favorisée.

Découvrez Marjolaine

Marjolaine intervient depuis 2014 en stratégie éditoriale pour les entreprises sur des sujets comme les ressources humaines, la transformation des organisations et l’innovation. Elle est rédactrice web et facilitatrice graphique.
Enfin, elle intervient en ghost writer, mettant sa plume au service de dirigeants d’entreprise.
+ d’infos sur son site internet 

Elle a été formée à la facilitation graphique en 2017 par Catherine Tanitte.
Elle pratique sur des petits formats ou des grandes fresques comme pour le colloque Kontinüum, dans lequel elle est intervenue.

Voici la synthèse visuelle de l’événement.

facilitation graphique et rédaction web

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