Cyclop Editorial Communication éditoriale

Les dessous du Web / le Web vu de l’intérieur, Bertrand Jouvenot

21 juillet 2014À la une, Expertise éditoriale

Stratégie d'entreprise : comment bien la rédiger et la communiquer
Dernier post avant les vacances !
J’ai lu l’ouvrage de Bertrand Jouvenot Les dessous du Web et son digest le Web vu de l’intérieur.
J’en ai tiré 4 réflexions qui permettent de prendre du recul par rapport à Internet, nos comportements, le statut des mots et la qualité des informations qu’on y trouve.
Bonne lecture et bon été

  • Le jeu avec Google devient un kidnapping avec Facebook.


Revenons brièvement sur ce sujet…
Les marques essayent de comprendre l’algorithme de Google pour être les mieux positionnées, tandis que le jeu de Google est, au fur et à mesure, de les entraîner vers le référencement payant.
Facebook rend les marques prisonnières d’un espace – un environnement assez peu qualitatif situé entre TF1 et M6- qu’il est difficile de quitter, car bon nombre de leurs fans les y ont rejoint.
Sous prétexte de protéger les utilisateurs et leurs flux d’actualités, Facebook conduit les marques à payer pour que leurs posts soient vus par leurs fans. Ainsi, après avoir invité les marques à mettre gratuitement à sa disposition un actif majeur, leurs bases de données client, Facebook, chaque jour davantage, se positionne pour revendre aux marques un accès à leurs propres clients. Impressionnant !

  • Internet conditionne notre inconscient collectif.

Nous y contribuons parce que nous publions !
« Google exploite l’inconscient collectif de tous en agrégeant nos comportements, nos questions. L’inconscient individuel de chacun d’entre nous alimente l’inconscient collectif qui existe depuis toujours mais que nul n’était parvenu à exploiter si bien auparavant. Google s’en nourrit et le nourrit. »
Le web est le lieu où l’information est remplacée par l’opinion. Les médias deviennent en partie responsables des comportements collectifs des évolutions de nos sociétés. Le digital nous encourage à agir en attente d’une réaction (like, commentaires) au lieu d’agir pour soi : on devient prisonnier d’une image, d’une position acquise et on doit tenir la cadence des publications.

  • Internet, et plus particulièrement Google, est une bourse où les mots sont à vendre.

On achète des mots aux enchères avec AdWords. L’auteur distingue un langage passif, celui du dictionnaire et le langage actif ou véhiculaire. Il ajoute également le« langage issu des spéculations d’entreprises pour préempter des mots afin de ressortir en tête des résultats de Google. »

C’est un langage qui est sur le Web, sans aucune visée esthétique, c’est la rapidité qui l’emporte, « encombrée par des termes dérivés de pratiques commerciales ou de marques, comme liker (Facebook), twitter (Twitter), networker (LinkedIn) » et « faisant du présent de l’indicatif le temps le plus usité, du fait du caractère interactif, vivant, immédiat et instantané du Web. »
« C’est l’oral d’aujourd’hui qui préfigure l’écrit de demain et non plus l’écrit d’hier qui conditionne l’oral d’aujourd’hui. » Ceci me fait un peu peur, car dans ce cas, on risque d’aller réellement vers un appauvrissement culturel.

  • Bertrand Jouvenot évoque aussi un fait, qui me paraît fondamental, sur la qualité des informations que l’on trouve sur le Web.

Les médias disent qu’ « Albert Einstein aurait dit que si les abeilles venaient à disparaître, l’humanité n’aurait plus que quatre années devant elle. » Cette rumeur est propagée, reprise sur le Web. Puis, lorsque certains veulent approfondir les recherches, ils citent cette citation en l’attribuant à Einstein. Bien évidemment, Google mémorise cette requête et la propose en suggestion, ce qui renforce son poids : information écrite, répétée dans la durée.
L’information erronée devient croyance populaire.
« Ce que nous croyons être la vérité, n’est que le reflet d’une croyance. Les réponses à nos questions, que nous trouvons sur le Web, seraient donc un peu comme les ombres sur la paroi de la caverne ; quelque chose qui ressemble à la réalité, mais qui n’est que son reflet ? »
Et par extension, le Web serait le réservoir de croyances vraies ou fausses, de raisonnements erronés, d’idées reçues, d’erreurs, de sophismes ! Internet nous restituerait simplement ce que les hommes disent, croient ou pensent et qui ne se confond pas systématiquement avec la vérité ? »
On se rend compte à quel point est pernicieux le fait de placer en résultat les informations plébiscitées par le plus grand nombre et qui ne sont pas vraies, mais sont dotées via nos actes « nos requêtes, nos clics, nos durées de visites sur des sites…, (…) d’apparence de vérité… »
J’ai bien apprécié cette dernière histoire, car elle montre à quel point les informations en ligne sont à prendre avec recul et doivent être recoupées avec des sources écrites.
Ce fait ne date pas d’aujourd’hui : dans toute transmission, il y a disparition ou distorsion. Les moines copistes recopiaient les écrits, en ajoutant leurs propres interprétations.

Bonnes vacances à tous !

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2 réponses à “Les dessous du Web / le Web vu de l’intérieur, Bertrand Jouvenot”

  1. J’ai bien rit en lisant cet article. Effectivement tout ce qui est dit est vrai. Après je trouve que l’on tape beaucoup sur ces entreprises qui, après tout, ne cherche qu’à vendre.
    Par contre, j’insisterai plutôt sur le fait que ce sont les internautes qui font preuve d’une bêtise rare dont seul l’être humain est capable. Après tout, pourquoi les entreprises s’interdiraient de mentir et de tromper des gens qui sont prêts à croire n’importe quoi ?
    On a mis internet dans les mains des gens sans jamais leur expliquer comment ça fonctionnait. En plus, comme les gens sont fainéants, il ne cherchent pas à comprendre. Résultat, tout le monde joue les étonnés quand il y a piratage, ou que l’on se rend compte que l’information est bidon ou encore que les grosses entreprises savent tout sur nous.
    La naïveté des gens est telle que ça m’impressionne….

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